Le 1.2 PureTech 100 ch dans ses versions post-2020, et surtout post-2023 avec chaîne de distribution, est un moteur fiable, sous réserve d'un entretien rigoureux. Les versions antérieures à 2019, notamment les 110 et 130 ch produits entre 2014 et mi-2018, restent les plus exposées aux pannes graves. Le 100 ch a globalement mieux vieilli que ses frères en raison d'une conception légèrement différente sur les premières années, mais un historique d'entretien mal suivi reste rédhibitoire quelle que soit la génération.
C'est quoi exactement, le moteur PureTech 100 ch ?
Le moteur PureTech est un 3 cylindres 1.2 litre conçu par PSA, devenu Stellantis. Il équipe une grande partie des modèles Peugeot, Citroën, DS, Opel et Fiat depuis 2012. Les déclinaisons vont de 75 à 155 chevaux selon les versions.
Point important que beaucoup ignorent : les déclinaisons en dessous de 100 ch, notamment le 82 ch et les premières versions 100 ch atmosphériques, n'utilisent pas le même système d'injection que les versions turbocompressées. Le 1.2 PureTech 82 ch à injection indirecte est mécaniquement à part. Le 1.2 PureTech 100 ch à injection directe et turbo est apparu à partir de 2015 — c'est ce bloc-là qui a posé des problèmes sur les premières années, et c'est celui dont il est question ici.
Quels sont les vrais problèmes du moteur PureTech ?
La courroie de distribution humide, le défaut structural des anciens modèles
Le problème central du moteur PureTech, documenté à grande échelle, est lié à sa courroie de distribution humide. Contrairement à une courroie classique à sec ou à une chaîne de distribution, ce système fait baigner la courroie dans l'huile moteur. Sur les premières générations, ce contact prolongé provoque une dégradation prématurée de la courroie : elle se désagrège progressivement, libérant des particules qui viennent obstruer la crépine à huile et la pompe à vide.
Conséquences concrètes : perte d'assistance au freinage, coupure du circuit de lubrification, puis casse moteur dans les cas les plus graves. Ce n'est pas un problème anecdotique : des dizaines de milliers de propriétaires ont été concernés, ce qui a valu à Stellantis plusieurs campagnes de rappel successives.
Encrassement, bougies et consommation d'huile, les pannes secondaires
Sur ces mêmes générations, d'autres problèmes s'ajoutent : encrassement moteur chronique menant à des cliquetis, autoallumage et casse de bougies d'allumage. La consommation d'huile excessive est également documentée, un problème particulièrement sournois car souvent non détecté par les propriétaires qui ne vérifient pas régulièrement leur niveau entre deux vidanges. Un moteur à sec quelques milliers de kilomètres avant la vidange prévue, ça casse.
Le 100 ch est-il dans le même sac que le 110 et le 130 ?
Pas tout à fait, et c'est un point que la plupart des articles ratent.
Les versions 110 et 130 ch produites entre 2014 et mi-2018 sont les plus exposées historiquement, avec des vidanges constructeur prescrites à 25 000 km qui aggravaient les problèmes de dégradation. Le 100 ch BVM6, selon les retours terrain de garages spécialisés, a présenté une sinistralité légèrement moindre sur ces premières années, sans être exempt de problèmes.
La principale différence : le 100 ch est souvent utilisé sur des cycles plus urbains, avec des distances moyennes plus courtes, ce qui limite l'exposition cumulée. Mais le mécanisme de défaillance reste identique — si la courroie se dégrade, les conséquences sont les mêmes. Un 100 ch de 2016 à 80 000 km sans historique d'entretien clair présente autant de risques qu'un 130 ch dans les mêmes conditions.
Avant 2020, entre 2020 et 2023, après 2023 : comment repérer sa génération ?
C'est ici que tout se joue pour l'achat d'occasion.
| Génération | Période | Système distribution | Problèmes connus | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| 1ère gen | 2012-2019 | Courroie humide | Dégradation courroie, crépine, casse | À éviter sans inspection |
| 2ème gen | 2020-2022 | Courroie humide améliorée | Risque réduit mais pas nul | Acceptable si entretien OK |
| 3ème gen | 2023+ | Chaîne de distribution + 48V mild hybrid | Problèmes structurels corrigés | Fiable |
Le pivot de 2020 correspond aux correctifs apportés par Stellantis suite aux rappels : révision du matériau de la courroie, modification des intervalles de vidange, renforcement du circuit de lubrification. Le pivot de 2023 est plus profond : passage à une chaîne de distribution, qui ne se dégrade pas dans l'huile, et intégration d'une micro-hybridation 48V au niveau de la poulie vilebrequin.
Pour identifier la génération d'un véhicule : la date de première mise en circulation sur la carte grise, le numéro de châssis (VIN), ou simplement l'année modèle suffisent dans la plupart des cas.
Quels modèles et millésimes PureTech sont à éviter, et lesquels acheter ?
Les PureTech à éviter en priorité
- 1.2 PureTech 110 ch et 130 ch produits entre 2014 et mi-2018
- Tout véhicule avec des vidanges espacées à 25 000 km, intervalles d'origine sur ces années
- Véhicules sans historique d'entretien complet et traçable
- Modèles ayant fait l'objet d'un rappel sans preuve que l'intervention a bien été réalisée
Pour un panorama complet des générations et modèles concernés, notre guide des moteurs PureTech à éviter détaille les plages de production à risque sur l'ensemble de la gamme Stellantis.
Les PureTech fiables à privilégier
- Peugeot 208 II – PureTech 100 BVM6 (à partir de 2020) : le modèle le plus recommandé par les professionnels sur cette cylindrée
- Peugeot 2008 – PureTech 130 EAT8 (après 2021 uniquement) : millésime post-correction. Voir notre guide 2008 : modèles à éviter pour les détails par finition
- Citroën C4 – PureTech 130 ch (2021+) : même bloc amélioré
- Peugeot 3008 – PureTech 130 (après 2021 uniquement) : les versions antérieures sont à éviter, voir notre guide 3008
- DS3 Crossback PureTech (après 2020) : le même bloc avec l'entretien souvent mieux suivi en réseau DS
La garantie 10 ans et 175 000 km, les conditions réelles
Stellantis a mis en place une garantie étendue sur le moteur PureTech pour les véhicules concernés par les problèmes de courroie. Les conditions sont strictes : le véhicule doit avoir été entretenu exclusivement dans le réseau officiel (Peugeot, Citroën, DS, Opel selon la marque), avec des preuves d'entretien complètes. Un seul entretien réalisé hors réseau peut suffire à invalider la prise en charge.
Concrètement, pour une occasion achetée chez un particulier : vérifiez le carnet d'entretien tamponné par un concessionnaire officiel à chaque révision. Sans ça, la garantie étendue ne s'applique pas, et les réparations sur un moteur cassé peuvent dépasser 4 000 à 6 000 €.
Quelle huile et quel entretien pour protéger son PureTech 100 ch ?
L'entretien est la variable qui fait toute la différence sur ce moteur. Préconisations concrètes :
- Huile moteur : 0W30 ou 0W20 spécification Fiat 9.55535-S1 ou PSA B71 2312, pas n'importe quelle huile "longue durée" bas de gamme
- Intervalle de vidange : sur les versions antérieures à 2020, descendre à 10 000 km maximum, idéalement 7 500 km. L'intervalle constructeur de 25 000 km sur les premières générations est reconnu comme un facteur aggravant
- Vérification niveau huile : à faire tous les 1 000 à 1 500 km sur les anciens modèles, ce moteur peut consommer de l'huile sans que le voyant ne s'allume
- Remplacement préventif de la courroie : sur les générations 1 et 2, certains professionnels recommandent un remplacement préventif autour de 60 000 km sans attendre les signes de dégradation
Faut-il acheter une occasion avec un moteur 1.2 PureTech 100 ch ?
Verdict honnête : oui, à condition de savoir ce qu'on achète.
Les occasions à moteur PureTech se vendent souvent décotées par rapport au marché, le risque perçu est supérieur au risque réel sur les bonnes générations. C'est une opportunité si on achète le bon millésime avec le bon historique.
Checklist avant achat :
- Vérifier l'année de première mise en circulation (après 2020 = acceptable, après 2023 = idéal)
- Exiger le carnet d'entretien complet avec tampons officiels
- Vérifier que le rappel constructeur a été réalisé, traçable via le VIN chez n'importe quel concessionnaire
- Demander un rapport de diagnostic OBD et un contrôle pression d'huile
- Faire vérifier la courroie de distribution par un mécanicien avant achat sur tout véhicule pré-2020
- Fuir tout vendeur qui ne peut pas fournir l'historique complet
Un PureTech 100 ch de 2021 avec entretien réseau officiel : achat sans crainte. Un PureTech 100 ch de 2017 avec historique partiel : risque réel, à négocier en conséquence ou à passer.
Questions fréquentes
Quelle année marque le vrai tournant pour la fiabilité du moteur PureTech ?
Deux pivots : 2020 avec les améliorations de la courroie humide et la réduction des intervalles de vidange, et 2023 avec le passage à une chaîne de distribution sur les nouvelles déclinaisons. Les modèles post-2023 ne sont plus concernés par le problème structurel de la courroie.
Quels moteurs PureTech sont absolument à éviter ?
Les 1.2 PureTech 110 et 130 ch produits entre 2014 et mi-2018, surtout si les vidanges ont été réalisées à 25 000 km comme préconisé à l'époque. Le 100 ch sur la même période est moins exposé mais pas exempt de risques.
Le 1.2 PureTech 100 ch est-il concerné par le rappel Stellantis ?
Partiellement. Les campagnes de rappel ont concerné des plages de numéros de série spécifiques. Le plus simple est de vérifier directement sur le site de la marque avec le VIN du véhicule, ou en passant par un concessionnaire officiel.
Quelle huile moteur utiliser pour le 1.2 PureTech ?
Une huile 0W30 ou 0W20 respectant les spécifications PSA B71 2312 ou Fiat 9.55535-S1. Évitez les huiles longue durée génériques incompatibles avec ce moteur, le choix de l'huile joue directement sur la durée de vie de la courroie de distribution.