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Fiat 500 Ferrari : Dealers Edition et Tributo Ferrari

Fiat 500 Ferrari : Dealers Edition et Tributo Ferrari

Rally & F1 7 Août 2026 8 min de lecture

La Fiat 500 Ferrari n'existe pas, pas telle qu'on l'imagine en tapant ces trois mots dans Google. Derrière cette expression se cachent en réalité deux voitures officielles très différentes, et souvent une préparation maison qui n'a rien d'officiel. Résultat : on cherche « Fiat 500 Ferrari » en pensant à un modèle unique, et on tombe sur des annonces qui ne parlent jamais du même véhicule.

« Fiat 500 Ferrari » ne désigne pas une seule voiture

Fiat 500 Ferrari est un terme fourre-tout, pas un nom de modèle officiel. Aucun constructeur n'a jamais vendu de véhicule sous cette appellation exacte. Trois choses très différentes se cachent derrière.

La première, c'est l'Abarth 500 Ferrari Dealers Edition, sortie en 2009 en seulement 200 exemplaires. La deuxième, c'est l'Abarth 695 Tributo Ferrari, lancée en 2010, plus courante et stylistiquement très proche de la première. La troisième, ce sont des préparations non officielles : une Fiat 500 classique à laquelle un particulier ou un préparateur ajoute une carrosserie, des jantes ou des stickers « Ferrari » sans aucun lien avec le constructeur au cheval cabré.

Ces trois réalités n'ont ni le même moteur, ni la même rareté, ni la même valeur. Confondre l'une avec l'autre, c'est le meilleur moyen de payer trop cher une préparation maison en croyant acheter une édition officielle numérotée. Pour resituer ces éditions dans la famille sportive, notre dossier sur la puissance des Fiat 500 Abarth détaille chaque version.

Fiat appartient-il à Ferrari ?

Fiat n'appartient pas à Ferrari, et c'est même l'inverse qui a longtemps été vrai. Jusqu'en 2015, c'est Fiat (puis Fiat Chrysler Automobiles) qui détenait la quasi-totalité de Ferrari. Cette situation a changé avec l'introduction en bourse de Ferrari en octobre 2015, qui a fait de la marque de Maranello une entreprise cotée indépendante.

Aujourd'hui, Ferrari n'est ni détenue par Fiat ni par Stellantis. Son actionnaire de référence est Exor N.V., la holding de la famille Agnelli, qui contrôle aussi Stellantis, Juventus et CNH Industrial sans que cela ne fasse de Ferrari une filiale de l'une ou l'autre de ces sociétés. Selon l'accord actionnarial renouvelé le 3 janvier 2026, Exor détient environ 21,2 % du capital de Ferrari et 32,2 % des droits de vote, tandis que Piero Ferrari, le fils d'Enzo Ferrari, en détient 10,6 % du capital et 16 % des droits de vote.

Si vous avez vu passer un aperçu IA de Google affirmant que « Fiat possède 32,75 % de Ferrari », cette information est obsolète : elle confond probablement l'ancienne participation de Fiat, vendue lors du spin-off de 2015, avec la situation actuelle. Ferrari le rappelle elle-même : Google affiche un avertissement invitant à vérifier ses réponses IA, et c'est précisément un cas où il faut le faire.

La raison de cette séparation est simple. En 2015, Fiat Chrysler avait besoin de lever des capitaux et de clarifier sa structure, tandis que Ferrari, en tant que marque de luxe à forte marge, avait tout intérêt à être valorisée seule en bourse plutôt que noyée dans un grand groupe automobile généraliste. Le résultat s'est confirmé dans le temps : la valorisation boursière de Ferrari dépasse aujourd'hui largement celle de Stellantis.

Quelle Fiat a vraiment eu un moteur Ferrari ?

La Fiat Dino est la seule Fiat à avoir vraiment reçu un moteur conçu par Ferrari. Produite entre 1967 et 1972, elle embarquait un V6 imaginé par Alfredo « Dino » Ferrari, le fils d'Enzo Ferrari. Ferrari avait besoin de produire un nombre minimal de moteurs pour homologuer ce V6 en Formule 2, et en avait confié une partie de la fabrication à Fiat.

Ce même bloc a équipé le coupé et le spider Fiat Dino, ainsi que la Ferrari Dino 206 GT. C'est l'un des rares cas où un moteur Ferrari authentique s'est retrouvé sous le capot d'une Fiat de série.

Aucune Abarth 500 ou 695 n'a en revanche de vrai moteur Ferrari. La Dealers Edition comme la Tributo Ferrari utilisent le même 4-cylindres 1.4L Turbo T-Jet que les autres Abarth 500, simplement reboosté et retravaillé. Le nom « Ferrari » y désigne un partenariat esthétique et commercial, pas une pièce mécanique venue de Maranello.

À noter en passant : la Lancia Thema 8.32, une berline du même groupe que Fiat mais pas une Fiat elle-même, possédait bien un V8 d'origine Ferrari. Un vrai « faux ami » de plus dans cette famille de confusions.

L'Abarth 500 Ferrari Dealers Edition, la série ultra-rare de 2009

L'Abarth 500 Ferrari Dealers Edition a été commandée à l'origine par Ferrari elle-même, pour servir de voiture de courtoisie dans ses concessionnaires agréés. La demande client s'est révélée si forte que la quasi-totalité des 200 exemplaires produits a finalement été vendue directement à des clients plutôt qu'utilisée en interne.

Techniquement, elle reprend le 4-cylindres 1.4L Turbo T-Jet développant 160 ch, associé à une boîte mécanique à 5 rapports, sur une base Abarth 500 Esseesse. Sa livrée est immédiatement reconnaissable : peinture Rosso Corsa, bandes grises façon Scuderia, sièges baquets Sabelt en cuir et Alcantara, échappement sport Monza. Chaque exemplaire porte une plaque numérotée de 1/200 à 200/200, gravée directement sur la carrosserie.

En 2009, son prix neuf avoisinait 34 000 € chez les concessionnaires Ferrari. Aujourd'hui, c'est ce numéro qui fait toute la différence sur le marché de l'occasion : sur les annonces consultées, il apparaît systématiquement en tout premier dans le titre, avant même le kilométrage ou le prix.

Un projet communautaire toujours actif en 2025-2026 sur FIAT Forum tente de recenser un par un les 200 exemplaires produits. À ce jour, 80 ont été retrouvés et documentés, 120 restent encore introuvables. Le simple fait qu'une communauté continue ce travail seize ans après la sortie de la voiture en dit long sur son statut auprès des collectionneurs.

L'Abarth 695 Tributo Ferrari, la version plus répandue de 2010

L'Abarth 695 Tributo Ferrari arrive un an plus tard, en novembre 2010, comme version actualisée de l'Abarth 500. Selon le communiqué officiel de la marque, elle doit permettre à Abarth d'élargir sa gamme vers le segment des voitures de sport de luxe, tout en confortant la relation entre la marque au scorpion et celle de Maranello.

Sa fiche technique grimpe d'un cran par rapport à la Dealers Edition : 180 ch, boîte de vitesses robotisée MTA, 0 à 100 km/h en moins de 7 secondes, vitesse maximale de 225 km/h. Son tirage reste limité, mais sans commune mesure avec les 200 exemplaires de la Dealers Edition : c'est aujourd'hui la version « Ferrari » la plus facile à trouver sur le marché de l'occasion. Son prix neuf se situait entre 35 500 € (Rosso Corsa) et 36 500 € (Giallo Modena).

Le point qui distingue le plus clairement les deux modèles à l'achat : la Tributo Ferrari n'a ni boîte manuelle ni plaque numérotée, contrairement à la Dealers Edition. Un critère simple à vérifier avant toute visite. Pour les retours d'usage au quotidien, notre avis sur la Fiat 500 Abarth complète le tableau.

Dealers Edition (2009) Tributo Ferrari (2010)
Tirage 200 exemplaires numérotés Limité, mais bien plus répandu
Puissance 160 ch 180 ch
Boîte de vitesses Manuelle, 5 rapports Robotisée MTA
Plaque numérotée Oui, systématique Non
Prix neuf (à l'époque) ~34 000 € 35 500 à 36 500 €

Acheter une Fiat 500 Ferrari d'occasion : repères de prix et d'authenticité

Le numéro de série reste le premier réflexe à avoir face à une annonce de Dealers Edition. Une voiture qui prétend appartenir à cette série de 200 exemplaires doit présenter sa plaque numérotée, cohérente avec l'historique du châssis. Sans cette plaque, ou avec une boîte robotisée à la place d'une manuelle, il ne s'agit tout simplement pas d'une Dealers Edition authentique.

Deuxième réflexe : se méfier des préparations non officielles. Certaines Fiat 500 classiques, parfois anciennes de plusieurs décennies, sont recarrossées et siglées « Ferrari » par leur propriétaire ou un préparateur, sans lien avec les deux éditions officielles. Ces véhicules peuvent avoir un vrai charme de pièce unique, mais leur valeur et leur cote n'ont rien à voir avec celles d'une Dealers Edition ou d'une Tributo Ferrari d'origine.

Troisième point de vigilance : au-delà des deux séries officielles, il existe aussi des préparations sportives poussées, comme celles du tuner allemand Pogea Racing, capables de faire grimper la puissance du même 1.4 Turbo jusqu'à 268 ch. Ces versions n'ont, elles non plus, rien d'officiel : elles n'engagent ni Fiat ni Ferrari. Nous avons consacré un article à cette Fiat 500 Abarth préparée par Pogea Racing.

FAQ Fiat 500 Ferrari

Quelle est la Fiat 500 la plus rare portant le nom Ferrari ?

C'est l'Abarth 500 Ferrari Dealers Edition, limitée à 200 exemplaires numérotés produits en 2009. La Tributo Ferrari qui a suivi en 2010 est un tirage limité, mais bien plus répandu et sans plaque numérotée.

La Fiat 500 Ferrari est-elle la Fiat 500 la plus puissante ?

Non. Avec 160 ch pour la Dealers Edition et 180 ch pour la Tributo Ferrari, ces éditions restent en retrait face à l'Abarth 695 biposto, qui atteint 190 ch, la version de série la plus puissante jamais construite sur base Fiat 500.

Peut-on encore acheter une Fiat 500 Ferrari neuve ?

Non, les deux éditions (Dealers Edition et Tributo Ferrari) ne sont plus produites depuis le début des années 2010. Seul le marché de l'occasion et de la collection permet aujourd'hui d'en acquérir une.

Fiat 500 Abarth Ferrari
Photo de Franck
Franck Passionné automobile & F1

Franck suit le monde de l'automobile depuis l'enfance. Fan de rally et de F1, il partage son regard pratique sur la mécanique, la conduite quotidienne et la compétition.